Chanson
Nichita Stànescu
Traduit du roumain par Linda Maria Baros, Pierre Drogi, Jan H. Mysjkin, Anca Vasiliu.
Le coeur débordait d'entre les côtes,
l'âme tombait dans un froissement d'ailes.
Par l'annulaire-tenues-nos deux mains,
dans un crépuscule vieux et lourd.
Moi je priais contre ton épaule,
priais dans des sortes de mots bleus.
Priais ainsi, sans arrêt,
jusqu'à ce que durcissent nos secondes.
Tu étais, toi, pierre, tu étais le nuage,
tu étais l'aigle, tu étais l'heure
à partir de laquelle les secondes interrompaient leur vol,
au-dessus de nous, pour se donner à tous.
Ainsi se passait notre vie, ainsi mourrions-nous,
devenus transparents, de glace.
Le paysage du monde passait à travers, comme une vitre,
notre manque de vie vertical.
Seuls les oiseaux se heurtant, tout surpris,
versaient en nous leur vol.
Moi, je priais dans des mots étranges.
Toi, tu étais la pierre, tu étais le nuage.
Par petitefeecosmik, Jeudi 12 Juin 2008 à 12:58 GMT+2 dans Poésies (article, RSS)






