La sixième élégie
Nichita Stànescu
L'aphasie
Je demeure entre deux idoles et ne peux
en choisir aucune.
Je demeure entre deux idoles et il pleut doucement,
et je ne peux en choisir aucune
et d'une si longue attente, dans la pluie douce,
les idoles se changent en bois. Je reste là
et ne peux choisir entre deux
morceaux de bois, et il pleut doucement et je ne peux,
dans la pluie putride, en choisir aucun. Je demeure là,
et les morceaux de bois, les deux, me montrent
leurs côtes blanchies par la pluie douce.
Je demeure entre deux squelettes de cheval
et ne peux en choisir aucun, je demeure là
et il pleut doucement et la terre fond
sous les os blancs et je ne peux pas choisir.
Je demeure entre deux trous et il pleut doucement
et l'eau ronge la terre de ses dents
de rat affamé.
Je demeure là, une pelle à la main, entre deux trous,
et ne peux, dans la pluie douce,
choisir le premier trou que je vais combler
de la terre mordue par la pluie douce.
en choisir aucune.
Je demeure entre deux idoles et il pleut doucement,
et je ne peux en choisir aucune
et d'une si longue attente, dans la pluie douce,
les idoles se changent en bois. Je reste là
et ne peux choisir entre deux
morceaux de bois, et il pleut doucement et je ne peux,
dans la pluie putride, en choisir aucun. Je demeure là,
et les morceaux de bois, les deux, me montrent
leurs côtes blanchies par la pluie douce.
Je demeure entre deux squelettes de cheval
et ne peux en choisir aucun, je demeure là
et il pleut doucement et la terre fond
sous les os blancs et je ne peux pas choisir.
Je demeure entre deux trous et il pleut doucement
et l'eau ronge la terre de ses dents
de rat affamé.
Je demeure là, une pelle à la main, entre deux trous,
et ne peux, dans la pluie douce,
choisir le premier trou que je vais combler
de la terre mordue par la pluie douce.
Par petitefeecosmik, Lundi 9 Juin 2008 à 16:04 GMT+2 dans Poésies (article, RSS)






