Histoire sentimentale
Et puis nous nous voyions de plus en plus souvent.
Moi, j'étais assis sur un rebord de l'heure,
toi-sur l'autre,
comme deux anses d'amphore.
Seuls les mots volaient entre nous,
en avant et en arrière.
Leur tourbillon était presque visible,
et soudain,
je pliais mon genou,
et mon coude, je l'enfonçais dans la terre,
juste pour regarder l'herbe couchée
par la chute de quelque mot,
comme par la griffe d'un lion qui court.
Les mots tournaient, tournaient entre nous,
en avant et en arrière,
et plus je t'aimais, plus
ils répétaient, dans un tourbillon presque visible,
la structure de la matière, tout comme elle l'était au début.
Par petitefeecosmik, Lundi 2 Juin 2008 à 21:15 GMT+2 dans Poésies (article, RSS)






