Songe d'une nuit d'hiver
Dans les étoiles dentelées apparaissait
ton visage d’alors, juste un contour
Mes nuits, pendant mes nuits,
je demeurais allongé dans la neige, mon regard
flânait parmi les sapins, alentour,
et je n’avais pas froid. Au contraire,
J'embuais tout, comme un pain blanc
Les étoiles me regardaient, curieuses
Ô toi, ma chair à moi, rêveuse,
ô vous, mes os phosphorescents !
L’avenir entier voyageait, voyageait,
en haut, au dessous d’invisibles nuées,
sur les flocons blancs, car il neigeait,
mon amour pesait, pesait sur eux,
Et ils fondaient sous mon haleine.
Jusqu’au genou, ma jambe s’y serait enfoncée,
si j’avais voulu marcher sur la glace,
jusqu’au coude, mon bras y serait rentré,
si j’avais voulu mieux m’appuyer
contre le tronc du sapin d’à côté
Mais j’embuais couché dans la neige
qui fondait, fondait sous mon corps
Puis la terre fondait et la pierre aussi
et au ciel je me serais accroché,
mais j’avais peur de le déchirer
Ainsi arrivai-je au tréfonds de la terre,
taillant, avec mon corps, un cône de volcan,
Les étoiles, têtes sans corps,
m’aimaient, glissant toutes ensemble
sur une seconde grande comme l’heure,
sur une heure d’une année.
C’est l’hiver, et je demeure allongé, sous les sapins,
et le noyau de lave, je le prends et le pose
sous ma tête, mais je ne m’endors toujours pas
Et, sans cesse, de moi vers toi,
je vais de lever en coucher.
Par petitefeecosmik, Dimanche 1 Juin 2008 à 21:22 GMT+2 dans Poésies (article, RSS)






